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LA TOXICOLOGIE DE LA GYROMITRINE
C. Biagi – 1984

 

C’est un excellent travail qu’a présenté Corinne BIAGI, jeune habitante de Rixheim (Haut-Rhin) pour l’obtention du titre de Docteur en Pharmacie à l’Université de Strasbourg le 17 mai 1984.

Ce mémoire sur la toxicologie de la gyromitrine se montre bien structuré, complet et concis. La Société Mycologique du Haut-Rhin félicite chaleureusement la lauréate.

La toxicité de la fausse morille est due à la gyromitrine ou acétaldéhyde méthylformylhydrazone, ainsi qu’à toute une série de substances dérivées. La toxicité de cet Ascomycète est irrégulière : taux en gyromitrine, mode de préparation, quantité ingérée, sensibilité individuelle.

Dans les cas d’empoisonnements ayant nécessité une intervention médicale et parfois entraîné la mort, ce sont des gyromitres fraîches qui ont été consommées. Le temps de latence est long : de 6 à 24 heures.

Le tableau clinique associe une atteinte hépatique avec ictère et cytolyse, des troubles nerveux avec convulsions, une hémolyse et une atteinte rénale. Mais attention : des produits du métabolisme de la gyromitrine, principalement la monométhylhydrazine, ont en plus une action cancérogène. Une telle activité nocive ne se remarquera pas directement après la consommation, et les gyromitres sèches sont également dangereuses.

La gyromitre est assez rare en France où ses stations privilégiées sont situées dans le Massif Central et dans les Pyrénées.

On la récolte parfois en Alsace, ainsi que dans les pinèdes, au-dessus de la route des châteaux, près de colmar. Elle a été signalée ce printemps. Elle se révèle nettement moins fréquente que les morilles dont le spectre écologique est nettement plus large.

En fait, elle est surtout importée des pays de l’Est où elle semble commune, et provoque d’ailleurs régulièrement des intoxications graves. Evitons donc de consommer ce champignon, même si ces toxines sont instables et si leur contenu baisse au séchage et à la cuisson.

Que tout mycologue qui s’intéresse à la chimie, aux symptômes de l’intoxication, à sa biochimie, ne manque pas de lire cet intéressant mémoire.

 

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