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Limacella delicata

Limacella sp. 

 

 

 
 

Par J.L. MULLER

 

 

   

Les Limacella sont encore bien discutés et la pauvreté  iconographique de certaines d’entres elles montre bien que le travail effectué pour essayer de débrouiller ce genre a dû être fastidieux. Il suffit de voir le nombre de page que leur consacre Neville/ Poumarat dans le tome 9 des Fungi Europaei (2004) pour s’en rendre compte.
Nous ne voulons pas ici remettre en cause ce qui a été dit ou fait mais nous souhaitons simplement, par nos récoltes, apporter un témoignage supplémentaire à tout ce qui existe déjà.

 

 Voici une description de L. delicata, tel que nous avons pu l’observer dans un jardin, sur terrain sablonneux, légèrement couvert d’écorces de pins, sous Genêt à petites feuilles (Genista microphylla).
Le chapeau, sans pigment rouge, légèrement visqueux chez les jeunes était sec sur les plus anciens. De teinte rose brunâtre, le mamelon central, large et bas, se montre plus sombre.

Le revêtement pileique, quelquefois fendu plus ou moins grossièrement, laisse apparaître le fond blanc de la chair.
Les lames sont blanchâtres, ventrues et moyennement serrées. L’arête est concolore.
Le stipe, évasé vers le haut et aminci à la base, est de longueur égale ou inférieure au diamètre du chapeau ce qui lui donne un aspect trapu. Sa couleur nous est apparue rosée sur un fond plutôt clair.
C’est à propos de l’odeur que la discussion entre mycologues est la plus vive. Pour notre part, nous l’avons trouvée, sur le frais, très légère  voire subnulle et difficile­ment définissable. Par contre, les personnes ayant pu observer le lendemain nos spécimens et après trituration, leur ont trouvé une odeur farinolente  ce qui rejoint la description de Neville/Poumarat et autres ²
odeur subnulle ou parfois de farine et seulement à la coupe².

Markus Wilhelm dans SZP/BSM 1995 parle ²d’odeur et saveur, à la coupe et au frottement  désagréablement farineuse.² ainsi que Röllin & Anthoine (in bulletin FMDS (2001) 161 : 27-31) qui semblent reconnaître dans leur Limacella le L. roseofloccosa  de M. Wilhelm à cause de l’odeur farineuse constatée dans leurs récoltes.
Kühner, (1936 : 201) cite
²odeur légère de bois vert, absolument pas  farineuse², (ce qui est bien le cas de nos exemplaires mais seulement sur le frais).

Quant à la microscopie, elle semble «bien calée» et ne nécessite pas que l’on en reparle ici. Les auteurs de description sur l’espèce ayant largement commenté cet aspect.

 

Limacella delicata (fr.) Konrad & Maublanc

= Limacella roseofloccosa Hora  Limacelle rosée

Dans terrain sablonneux/limoneux légèrement couvert d’écorces de pins, sous Genêt à petites feuilles (Genista microphylla)

 

 
En conclusion, Limacella delicata Fr. Konr. & Maub. (= L. roseofloccosa Hora = L. delicata-var. ) semble avoir pour constante (caractères identiques retrouvés chez plusieurs auteurs ainsi que chez nous) :
- Espèce peu charnue à chapeau rose plus ou moins foncé avec un mamelon central étalé plus
foncé.
- Des lames blanchâtres à arêtes concolores.
- Un port trapu avec un stipe aminci à la base.
- Une odeur subnulle sur le frais mais farinolente après trituration.
Son habitat également semble plutôt héliophile, la plupart des récoltes sont signalées dans des jardins (ou en lisière).
L. delicata est certes proche de L. glioderma et L. vinosorubescens mais les différences tant de port, couleur, odeur, habitat sont telles qu’on peut fortement douter de l’identité de ces taxons et que ces trois Limacella méritent bien leur rang d’espèce. Mais il ne s’agit là que d’une appréciation de plus dans cette jungle «limacellique».

 
 

Limacella vinosorubescens Furrer-Ziogas

= Limacella delicata var. vinosorubescens  (Furrer-Ziogas) Gminder

 

 
 
 

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